Lien du Maçon
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Cette chanson occupe les pages 86 à 88 de La Lire Maçonne. Son succès - sans doute favorisé par le caractère entraînant de son air (il s'agit d'un air populaire qui, selon le site Chants populaires français, était déjà tellement en vogue au milieu du 18ème siècle qu'on le dansait au bal de l'Opéra ; il sera utilisé par Jacquelin en 1810 pour un Cantique de Santés) - est attesté par le fait qu'on la trouve dans presque tous les chansonniers du XVIIIe, par exemple :
sous le titre Par trois fois trois, dans le Chansonnier de Naudot (pp. 47-50)
au Recueil de Ste Geneviève (pp. 21-24)
aux pages 12 à 15 du recueil de Sophonople, sous le titre Autre Invitation
à divers recueils, de dates différentes (ou même sans date), se disant tous imprimés à Jérusalem et souvent fort semblables, parmi lesquels celui, daté de 1782, qui est reproduit sur ce site et où il occupe les pages 107-9.
On la retrouvera d'ailleurs également, en 1806, et sous le titre Noeud fraternel, aux pp. 467-470 du recueil de Holtrop, très souvent inspiré de la Lire : effectivement, c'est exactement la version de la Lire qu'il reprend, mais en oubliant son 7e et dernier couplet.
Elle figurera également (pp. 34-7) à la Lyre maçonnique de 1811, sous le titre Le triple Vivat.
Il nous a paru intéressant de recenser les différences entre ces diverses versions.
1. Nombre de couplets
La version initiale de Naudot comprenait, par rapport à celle-ci, un couplet supplémentaire suivi de deux refrains alternatifs :
8e
Célébrons la Lumière
Qui brille à l'Orient ;
Suivons dans sa carriere
Cet astre riant.
Nos yeux sont éclairés
Nos pas sont assurés ;
Refrain
Trois fois à mon exemple,
Chantés avec éclat ;
La lumiere du temple,
Vivat, vivat, vivat.
ou
Au Maître de la loge,
Buvons avec éclat ;
Nos coeurs font son éloge,
Vivat vivat, vivat.
C'est cette version à 8 couplets qui sera reprise partout ailleurs (sauf par la Lire qui, comme déjà mentionné, a laissé tomber le dernier).
Mais le Recueil de Ste Geneviève sera seul à en ajouter même un 9e, qui, après la dernière variante du refrain proposée par Naudot :
Au Maître de la loge,
Buvons avec éclat ;
Nos coeurs font son éloge,
Vivat vivat, vivat.
en explicite l'idée, sur le thème classique de la Santé du Vénérable :
Admirons sa
sagesse,
Imitons ses vertus,
Et rendons-lui sans cesse
Les hommages dûs.
Prenons le verre en main
Pour chanter ce refrain
Au Maître de la loge etc.
2. Autres changements de fond
Le recueil de Sophonople réécrit les 4 derniers vers du 2e couplet :
C'est là tout
le mystère
De notre lien ;
De la fraternité
Célébrons l'unité.
3. Modifications de forme
d'une manière qui semble erratique, Les erreurs, les prestiges deviennent Les erreurs, le prestige ou L'erreur et le prestige
Il doit à notre coeur devient, uniquement chez Sophonople, Il doit tout à nos coeurs.
à La Lire uniquement, Notre fraternité Est la triple unité devient Notre Fraternité Lui doit sa fermeté
Le temple à la vertu devient, à la Lire et chez Sophonople, Temple aux Vertus
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LIEN DU MAÇON
Air: Carillon de Dunkerque Tous. Par trois-fois-trois, mes
Frères, Seul. 1. Ici l’Architecture |
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En
sont le fondement.
Refrain. Par trois-fois-trois ensemble, 2. Notre union sincère Refrain. 3. Les erreurs, le prestige, Refrain. |
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4.
Nous rompons la
barrière Refrain. 5. Mes Frères, voyez comme Refrain. 6. Nous sommes sans entraves; Refrain. 7. Petit-maître (**) fantasque, Refrain. |
(*) Tout paraît compassé : L’adjectif compassé n’a pas nécessairement au XVIIIe le caractère quelque peu péjoratif qu’il a pris aujourd’hui ; les dictionnaires de l’Académie du XVIIIe donnent en effet comme définition fort exact & fort réglé. Dans un discours prononcé dans les années 1760 à la Loge verviétoise La Discrète, on lit d’ailleurs la phrase suivante : armés de l’équerre et du compas nous compassons nos actions, nous mesurons nos démarches. Il existe donc bien un verbe compasser (dont compassé n'est que le participe), qui n’est plus guère usité mais qui selon le Larousse signifie mesurer avec le compas. A l’époque il était plus souvent employé dans son sens figuré de bien proportionner une chose.
(**) Petit-maître : voir ici.
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Nous détenons également une version manuscrite de cette chanson, dans un document qui semble avoir été établi à Nice en 1797 : à quelques détails près, le texte correspond à celui de Naudot.
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Par trois
fois trois mes frères, Ici l’architecture Par trois
fois trois ensemble, Notre
union sincère Les
erreurs, les
prestiges Nous rompons la
barrière |
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Mes
Frères voyez comme Nous sommes sans
entraves Petit-maître
fantasque, Célébrons la Lumière Trois fois à mon exemple, |
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