Tableau d'une Loge

Cliquez ici (midi) ou ici (MP3) pour entendre le fichier de l'air, séquencé par David C.

La plus ancienne édition que nous connaissions de cette chanson intitulée Tableau d'une Loge est en 1801 dans le volume 2 du Miroir de la Vérité d'Abraham (pp. 78-9, reproduites ci-dessous).

C'est une variation très littéraire sur un thème qu'on rencontrait déjà régulièrement au siècle précédent : en Loge d'Adoption, c'est l'amitié qui règne, plutôt que l'amour.

L'auteur, mentionné comme le Frère L., n'est pas autrement désigné. Serait-ce le Lalleman qu'on connaît déjà par d'autres chansons sur ce même thème ?

On retrouve cette chanson, sans mention d'auteur, aux pp. 33-4 de l'édition sans date des Bluettes maçonniques ainsi qu'aux pages 263-5 du Code Récréatif des Francs-Maçons.

 Voir l'air Femmes, voulez-vous éprouver ?

                 

autre

Tableau d'une Loge

Air, Femmes, voulez-vous éprouver.

 

 Toujours la curiosité 
Sur vous fixa l'œil du vulgaire, 
Mais le jour de la vérité 
Fait bientôt fermer la paupière. 
Alors soumis aux passions, 
Il ne voit pas, dans sa faiblesse, 
Que le sexe, chez les Maçons, 
Est le bouquet de la sagesse.

 

Si Bacchus vient en ce séjour, 
C'est qu'il rend le cœur plus sincère. 
L'amitié n'y conduit l'amour, 
Qu'en le plaçant près de sa mère. 
Ainsi tous les deux sont soumis 
Aux lois de la décence aimable, 
Et l'on ne voit que des amis, 
Où l'on voit des Maçons à table.

 

La plus douce loi nous unit,
Car c'est celle de la nature,
Chez nous point de faux bel esprit,
Point de haine, point d'imposture.
Par un éclat faux et trompeur,
Loin que notre ame soit séduite,
La beauté, l'esprit, la grandeur,
N'ont de prix que par le mérite.

 

Vous qui conduisez le plaisir 
Dans cet asile respectable, 
Beau sexe, qui savez jouir, 
Sachez le rendre plus durable. 
De l'amitié, charmantes Soeurs, 
La tendresse vous environne, 
Et c'est avec des nœuds de fleurs, 
Qu'elle captive une Maçonne.

 

Du bonheur de vivre avec vous 
Apprécions la jouissance ; 
L'habitude d'un bien si doux, 
Nous la contractons dès l'enfance. 
Dans cet endroit délicieux. 
Plus heureux que le premier homme,
Nous pouvons, sans déplaire aux Dieux,
Goûter avec vous de la pomme.

 

C'est en vain que sur l'horison 
Le soleil finit sa carrière, 
Nous trouvons dans notre union, 
Et la chaleur et la lumière. 
Astre, qui régis nos travaux,
Amitié, jamais ne repose[s] ; 
Écarte[s] soucis et pavots 
De l'enceinte où veillent les roses.

                                     Par le Frère L.

Retour au sommaire du Miroir de la Vérité :